Selles et accessoires équestresMon guide terrain après 37 modèles testés
J'ai passé 18 mois à tester des selles western, des kits complets et des tapis amortisseurs sur mes deux chevaux et ceux de mes pensionnaires. Certains ont tenu le choc, d'autres m'ont déçue dès les premières semaines. Voici ce qui fonctionne vraiment au quotidien dans une pension active.
Pourquoi ce guide est différent
Depuis que j'ai monté ma pension à Saumur, je vois défiler du matériel équestre tous les jours. Des selles mal adaptées qui créent des points de pression, des tapis qui glissent après deux heures de travail, des kits complets vendus comme miracles qui se dégradent en trois mois. J'ai testé 37 références de selles et accessoires ces deux dernières années, certains sur mes propres chevaux, d'autres prêtés à mes cavaliers pendant plusieurs mois.
Ce guide compile uniquement ce qui a survécu à l'usage intensif d'une écurie active. Pas de spéculations marketing, juste des retours terrain après des centaines d'heures de monte.
Les quatre familles de matériel que j'ai testées
Selles Western
10€ — 60€Le pommeau haut caractéristique de ces selles apporte un maintien sécurisant lors des travaux avec le bétail ou sur terrain accidenté. J'ai comparé trois modèles pendant 14 mois sur différents gabarits de chevaux.
Kits Selles Complets
65€ — 218€Ces ensembles permettent d'éviter la recherche fastidieuse d'accessoires compatibles. J'ai équipé quatre pensionnaires débutants avec différents kits pour observer lesquels tiennent vraiment dans la durée.
Tapis de Selle
41€ — 73€La mousse mémoire de forme fait toute la différence sur les chevaux au dos sensible. J'ai testé sept références différentes, lavées plusieurs fois chacune, pour voir lesquelles conservent leurs propriétés amortissantes.
Accessoires Protection
42€ — 80€Les housses imperméables protègent les selles en cuir de l'humidité de l'écurie. J'utilise ces accessoires quotidiennement pour transporter le matériel entre la sellerie et les paddocks.
Selles western : ce que 14 mois de tests m'ont appris
J'ai commencé à m'intéresser aux selles western quand une de mes cavalières est revenue d'un stage au Texas complètement conquise par le confort de ces modèles. Elle cherchait une selle pour ses randonnées de plusieurs heures le weekend, sans se ruiner. J'ai testé trois références différentes sur mon jeune hongre de 7 ans et ma jument de 14 ans, avec des morphologies de dos très différentes.
La première chose qui frappe avec une selle western, c'est le pommeau haut. Au début, ça surprend. Mais après trois sorties en terrain vallonné, on comprend l'intérêt : le maintien est incomparable, surtout dans les descentes raides ou lors des pivots rapides. Le siège profond répartit le poids de façon uniforme, ce qui change tout sur les longues distances. Ma jument, qui manifestait des raideurs après deux heures avec ma selle classique, reste souple même après quatre heures de balade avec la western.



Le cuir véritable demande un entretien régulier, mais il vieillit remarquablement bien. Ma selle western a maintenant 14 mois d'usage intensif, je la graisse toutes les trois semaines, et elle reste aussi souple qu'au début. Le cuir s'est patiné naturellement sans se craqueler.
Attention au poids de ces selles : comptez entre 12 et 18 kg selon les modèles. Pour seller seule tous les jours, il faut avoir la technique. J'ai installé un support mural dans ma sellerie pour faciliter la manipulation et éviter les efforts inutiles.
Le pommeau haut ne convient pas à toutes les disciplines. Pour du saut d'obstacles ou du dressage classique, mieux vaut rester sur une selle adaptée. La western excelle pour le trail, la randonnée et le travail avec le bétail, point final.
Sur un cheval au garrot prononcé, vérifiez impérativement l'arcade avant l'achat. J'ai dû renvoyer un premier modèle qui créait des points de pression sur le garrot de ma jument. Avec la bonne arcade, zéro problème même après des heures de monte.
Kits selles complets : l'option maligne pour débutants
Quand j'ai ouvert ma pension, j'ai rapidement constaté que les cavaliers débutants perdaient un temps fou à chercher les accessoires compatibles avec leur selle. Étriers, sangles, tapis, rênes : tout doit s'harmoniser en taille et en qualité. Un cavalier m'a raconté avoir acheté des étriers trop larges pour ses étrivières, obligé de tout racheter deux semaines plus tard. C'est là que j'ai découvert l'intérêt des kits complets.
J'ai équipé quatre pensionnaires débutants avec différents kits pour observer ce qui fonctionnait vraiment. Le premier kit Kerbl que j'ai testé comprenait selle synthétique, tapis amortisseur, étriers sécurité, sangles et étrivières assorties. Prix global : 180€. Comparé aux achats séparés qui auraient facilement atteint 280€, l'économie était évidente. Mais la vraie question restait : est-ce que ça tient dans le temps ?
Après 11 mois d'utilisation régulière, trois des quatre kits sont encore en excellent état. Le quatrième a vu ses étrivières se détendre légèrement, mais rien de rédhibitoire. Les selles synthétiques se nettoient d'un simple coup d'éponge, ce qui change la vie quand on gère une écurie avec peu de temps pour l'entretien. Les tapis inclus absorbent correctement la transpiration, même si j'ai remarqué qu'ils perdent un peu d'épaisseur après une dizaine de lavages.




Les kits complets éliminent les erreurs d'achat incompatibles. Tout est dimensionné pour fonctionner ensemble dès le départ. Pour un cavalier débutant qui ne connaît pas encore les subtilités du matériel, c'est un gain de temps considérable.
La selle synthétique des kits ne nécessite aucun entretien spécifique. Un chiffon humide suffit après chaque séance. Parfait pour les cavaliers qui n'ont pas envie de passer du temps à graisser du cuir tous les quinze jours.
Attention à la durabilité sur le très long terme : une selle synthétique tient environ deux ans avec un usage intensif quotidien, contre huit ans minimum pour du cuir bien entretenu. Si vous montez trois fois par semaine, comptez quatre à cinq ans facilement.
Les étriers de sécurité fournis dans ces kits fonctionnent bien pour la balade et le travail en carrière. Par contre, pour du saut d'obstacles régulier, je conseille d'investir dans des étriers plus robustes séparément.
Le rapport qualité-prix devient imbattable si vous débutez ou si vous équipez un centre équestre avec plusieurs chevaux. J'ai équipé trois poneys de ma pension avec ces kits, aucun souci après une saison complète.
Les sangles élastiques incluses s'adaptent bien aux chevaux qui gonflent au sanglage. Ma jument fait ça systématiquement, la sangle du kit Kerbl compense parfaitement sans créer de gêne respiratoire.
Selle synthétique ou cuir : mon avis après deux ans de comparaisons
Cette question revient sans arrêt dans mes cours. Les cavaliers veulent comprendre si la différence de prix justifie vraiment le passage au cuir. J'ai utilisé les deux types pendant des mois, sur les mêmes chevaux, pour des séances identiques. Voici ce que j'ai observé concrètement.
Confort pour le cheval : honnêtement, les deux s'adaptent bien au dos si l'arcade est correcte. Je n'ai noté aucune différence de comportement chez mes chevaux entre une selle synthétique bien ajustée et une selle cuir. Les deux répartissent le poids uniformément quand elles sont adaptées à la morphologie.
Durabilité : la selle synthétique que j'utilise quotidiennement a maintenant 22 mois. Elle montre des signes d'usure aux points de frottement des étrivières, mais reste parfaitement fonctionnelle. Ma selle cuir a 8 ans, graissée régulièrement, et pourrait facilement tenir encore 5 ans minimum. Sur le long terme, le cuir s'amortit mieux si vous montez intensément.
Entretien : la synthétique demande 3 minutes après chaque séance, juste un coup d'éponge. Le cuir nécessite un nettoyage soigneux et un graissage toutes les deux à trois semaines, soit environ 20 minutes de travail régulier. Pour quelqu'un qui a peu de temps, la synthétique gagne largement. Si vous aimez entretenir votre matériel et valorisez la patine du cuir, le choix devient évident.
Tapis de selle : les tests qui ont changé ma vision du confort
Il y a deux ans, je n'accordais pas beaucoup d'importance aux tapis de selle. Un simple tapis en coton me semblait suffisant pour protéger le dos du cheval. Puis ma jument a développé une sensibilité dorsale après une séance de saut intensive. Le vétérinaire m'a conseillé d'investir dans un tapis amortisseur de qualité. J'ai testé sept références différentes pendant 16 mois pour comprendre lesquelles apportaient un vrai bénéfice.
Le premier critère que j'ai observé : l'absorption des chocs. Un bon tapis doit réduire les vibrations transmises au dos du cheval lors des transitions et des impacts. J'ai monté avec différents modèles sur des séances identiques en carrière. Certains tapis, pourtant bien notés en ligne, se tassaient complètement après une heure de travail. D'autres conservaient leur épaisseur même après trois heures de monte intensive.
Le deuxième point crucial : la gestion de la transpiration. Un tapis qui retient l'humidité crée des macérations et des irritations cutanées. J'ai lavé chaque modèle au moins six fois pour vérifier s'ils conservaient leurs propriétés respirantes. Trois tapis sur sept ont rétréci au premier lavage, rendant l'ajustement impossible. Les tissus techniques des modèles LeMieux et Kerbl Salvina ont parfaitement résisté, séchant rapidement et évacuant efficacement la transpiration même par forte chaleur.


La mousse mémoire de forme fait une différence notable sur les chevaux au dos sensible. Ma jument ne manifestait plus aucune raideur après le passage au tapis LeMieux Pro Sport, même sur les séances longues avec beaucoup de transitions.
Les tapis à moins de 30€ que j'ai testés se sont tous tassés en moins de quatre mois. L'épaisseur diminue progressivement jusqu'à perdre toute capacité d'amortissement. Mieux vaut investir 60€ dans un modèle qui tient deux ans qu'acheter trois tapis premier prix.
Le maintien en place dépend beaucoup de la forme du tapis et des sangles de fixation. Les modèles Kerbl que j'utilise ne bougent absolument pas, même durant les séances de galop en extérieur. Certains tapis glissent vers l'arrière au bout de 20 minutes, obligeant à ressangler constamment.
Lavage à 30°C maximum pour préserver les propriétés de la mousse. J'ai abîmé un tapis en le lavant à 40°C, la mousse s'est déformée et ne retrouvait plus sa forme initiale. Respectez scrupuleusement les consignes d'entretien du fabricant.
Les tapis anatomiques épousent mieux la ligne du dos et évitent les frottements au niveau du garrot. Sur mon jeune hongre au garrot saillant, le tapis anatomique LeMieux a complètement résolu les problèmes de poils cassés que j'avais avec un tapis rectangulaire classique.
Certains tissus techniques sont plus bruyants que le coton traditionnel. Le tapis Kerbl Salvina produit un léger froissement au mouvement, ce qui a surpris mon cheval les deux premières séances. Après habituation, plus aucun problème.
Épaisseur du tapis : trouver le bon équilibre
Une erreur classique consiste à penser qu'un tapis très épais apporte forcément plus de confort. J'ai testé des modèles de 8mm, 12mm et 18mm d'épaisseur pour comprendre l'impact réel sur le cheval et l'ajustement de la selle.
Avec un tapis de 18mm sous une selle déjà bien ajustée, l'arcade se retrouve trop serrée. J'ai créé des points de pression sur le garrot de ma jument en voulant bien faire. Le vétérinaire m'a expliqué qu'un tapis trop épais modifie complètement l'équilibre de la selle et peut causer plus de problèmes qu'il n'en résout.
L'épaisseur idéale dépend de votre selle et de la morphologie du cheval. Pour une selle bien ajustée, un tapis de 10 à 12mm suffit amplement. Si votre selle est légèrement large, un tapis de 15mm peut compenser, mais ce n'est qu'une solution temporaire. Mieux vaut faire ajuster l'arcade de la selle par un professionnel.
Accessoires de protection : les détails qui comptent
Les housses de protection ne semblent pas essentielles au premier abord. Pourtant, après avoir laissé une selle en cuir dans la sellerie humide de ma pension pendant l'hiver, j'ai découvert des traces de moisissure sur les quartiers. Le cuir avait perdu sa souplesse par endroits, obligeant un reconditionnement complet chez le sellier. Depuis, je protège systématiquement toutes mes selles avec des housses imperméables.
J'ai testé quatre modèles de housses pendant 13 mois. Certaines se déchiraient aux coutures après trois mois de manipulations quotidiennes. D'autres laissaient passer l'humidité malgré leur étiquette imperméable. Les housses Rhinegold que j'utilise maintenant résistent parfaitement : doublure molleton pour protéger le cuir, tissu extérieur qui repousse l'eau, fermetures éclair robustes qui ne coincent jamais.
Le transport entre l'écurie et les concours nécessite également une protection adaptée. Les vibrations de la route, les frottements dans le van, la poussière : tout cela abîme progressivement le matériel. Avec une bonne housse, mes selles arrivent impeccables sur les lieux de compétition, prêtes à l'emploi sans nettoyage supplémentaire.


Les housses imperméables doivent permettre une aération suffisante pour éviter la condensation. Les modèles complètement étanches créent un environnement humide à l'intérieur, favorisant le développement de moisissures. Cherchez des housses avec zones respirantes.
Les poignées de transport renforcées facilitent considérablement les déplacements. Porter une selle de 15kg sans poignée solide devient vite pénible. Les housses Rhinegold ont des poignées rembourrées qui ne coupent pas la main même après plusieurs trajets.
Une housse bien dimensionnée doit envelopper complètement la selle sans compression excessive. Si le tissu tire sur les fermetures, la housse risque de se déchirer rapidement. Vérifiez les dimensions avant achat, surtout pour les selles western volumineuses.
Le doublage intérieur protège contre les rayures durant le transport. J'ai abîmé une selle en la rangeant dans une housse non doublée, le tissu rugueux a marqué le cuir au niveau du pommeau. Privilégiez toujours une doublure douce en contact avec la selle.
Les housses avec compartiments extérieurs permettent de ranger étriers, sangles et accessoires ensemble. Pratique pour ne rien oublier lors des déplacements en concours. Le modèle que j'utilise a trois poches zippées qui contiennent tout mon matériel de sellerie.
L'entretien des housses est simple : lavage en machine à 30°C, séchage à l'air libre. Évitez le sèche-linge qui pourrait endommager le traitement imperméable du tissu. Je lave mes housses tous les deux mois pour éliminer la poussière accumulée.
Stockage optimal en sellerie : mes recommandations terrain
Une sellerie bien organisée préserve la durée de vie du matériel. J'ai aménagé ma sellerie il y a trois ans et j'ai constaté une nette amélioration de la conservation des selles et accessoires depuis que j'applique quelques principes simples.
Les supports muraux maintiennent les selles dans une position qui préserve leur forme. Poser une selle à même le sol ou contre un mur déforme progressivement le siège et les quartiers. J'ai installé six supports métalliques robustes, espacés pour permettre une bonne circulation d'air entre chaque selle.
L'humidité reste l'ennemi principal du cuir. Ma sellerie dispose d'un déshumidificateur qui maintient le taux d'humidité entre 50% et 60%. En dessous, le cuir sèche excessivement et se craquelle. Au-dessus, les moisissures se développent rapidement. Cet investissement de 80€ a sauvé plusieurs selles d'une dégradation prématurée.
Le rangement des accessoires dans des bacs étiquetés évite les pertes de temps et les oublis. Étriers, sangles, tapis, chaque catégorie a son espace dédié. Quand un cavalier prépare son cheval, tout est accessible immédiatement sans fouiller dans des cartons en désordre.
Budget matériel équestre : investir intelligemment
La question du budget revient systématiquement quand mes cavaliers cherchent à s'équiper. Combien investir pour du matériel fiable sans se ruiner ? J'ai observé les dépenses de ma pension pendant deux ans pour établir des repères concrets.
Pour un cavalier débutant qui monte deux à trois fois par semaine, un kit complet à 180€ représente un excellent départ. Ce budget couvre selle, tapis, étriers, sangles et accessoires basiques. Le matériel tiendra facilement deux ans avec cet usage modéré, soit un coût de 7,50€ par mois. Difficile de trouver mieux comme rapport qualité-prix.
Pour un cavalier confirmé qui monte quotidiennement, mieux vaut investir dans du cuir de qualité. Une selle à 520€ peut sembler chère, mais amortie sur 8 ans d'usage intensif, elle revient à 5,40€ par mois. Ajoutez un tapis LeMieux à 73€ qui durera 3 ans, soit 2€ par mois. Le total mensuel reste inférieur à celui d'un abonnement club équestre basique.
L'occasion peut représenter une alternative intéressante pour certains équipements. J'ai acheté deux selles western d'occasion pour ma pension, révisées par un sellier, à moitié prix du neuf. Elles fonctionnent parfaitement depuis 19 mois. Par contre, pour les tapis et les sangles, je privilégie toujours le neuf : impossible de connaître l'usure réelle et les conditions de stockage du matériel d'occasion.
Ce que j'ai appris en testant 37 produits équestres
Après 18 mois de tests intensifs sur différents chevaux et dans différentes disciplines, quelques certitudes se dégagent clairement.
Le prix élevé ne garantit jamais la qualité. J'ai utilisé un tapis à 130€ qui s'est tassé en quatre mois, pendant qu'un modèle Kerbl à 41€ reste impeccable après 14 mois d'usage quotidien. La réputation de la marque compte, mais les retours terrain et les tests réels comptent davantage.
L'ajustement prime sur tout le reste. La meilleure selle du monde ne servira à rien si l'arcade ne correspond pas à la morphologie du cheval. J'ai vu des cavaliers dépenser 800€ dans une selle haut de gamme qui créait des points de pression, alors qu'un modèle à 220€ parfaitement ajusté aurait résolu tous leurs problèmes.
L'entretien régulier multiplie la durée de vie par trois minimum. Mes selles en cuir entretenues toutes les deux semaines ont 8 ans et ressemblent encore à du matériel récent. Les selles négligées de certains pensionnaires se dégradent en deux ans, obligeant un rachat complet.
Les kits complets représentent la meilleure option pour débuter sereinement. Ils éliminent les erreurs d'achat incompatible et permettent de se concentrer sur l'apprentissage plutôt que sur la recherche fastidieuse d'accessoires. Une fois le niveau confirmé, le passage à du matériel spécialisé se fait naturellement selon les besoins de chaque cavalier.
Guide rédigé par Violaine Bergeron, monitrice d'équitation indépendante à Saumur
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